Du 6 au 10 décembre 2017 ont eu lieu les 39èmes Trans Musicales. En voilà une excellente idée pour éviter les RIP Johnny et se faire le plein de découvertes musicales. Catalyseur des musiques actuelles, ce festival rennais est l’assurance de réveiller sa curiosité et de savoir quoi écouter et vivre l’année prochaine. Découvrez quelques artistes qui auront marqué mon édition.

Bien évidemment, difficile de tout voir et tout vivre durant les 4 jours de festivals. Déjà parce que j’ai loupé malheureusement la journée du mercredi et que beaucoup de concerts se déroulent en même temps, logique des grands festival. Du coup, j’avais mon petit programme sous le coude, ma sélection des groupes que je voulais ne pas louper sous la main et bien sûr l’envie de se laisser aller aux découvertes. Tout n’a pas été de mon goût (coucou Columbine 👋), mais pas mal d’artistes et de groupes ont retenu mon attention. J’ai nommé Voyov, Confidence Man, Washed Out, One Sentence. Supervisor, Viagra Boys, Zeal & Arbor, SARO, Fabulous Sheep ou encore Bottlesmoker.

Voyov : la grande et belle découverte des Trans Musicales

Commençons par la belle claque et découverte de ces Trans Musicales. Voyov faisait déjà partie de ma petit sélection. L’un de ces artistes prometteurs que je ne voulais pas louper. Son concert a été au-dessus de toutes mes espérances. Et la foule venue le voir gratuitement à l’Étage en début de soirée ne s’est pas trompée. Petits et grands ont été emballé pesé par la prestation de ce nouveau venu sur la scène pop synthétique. De cette nouvelle et prometteuse signature d’Entreprise. Il faut dire que Thibaud Vanhooland de son vrai nom n’est pas tout à fait nouveau sur la scène. Si vous êtes mélomanes et férus de concerts, vous avez certainement pu le croiser aux côtés de Pégase, Elephanz ou encore Rhum For Pauline. Ce trompettiste de formation devenu bassiste par la suite prend désormais la route en solitaire sous le mystérieux pseudonyme de Voyov ; « celui qui court les routes. » Ce gamin des routes a tout pour plaire : une facilité pour compter ses histoires, une fragilité rêveuse et contagieuse sur scène et des morceaux pop qui appellent à la fête. Certainement le troubadour qui nous fera danser durant tout 2018. Séduisant par ses paroles charmantes, sa simplicité et cette envie comme lui de plus avoir les pieds sur terre.

La fièvre rock avec One Sentence. Supervisor, Viagra Boys et Zeal & Ardor

Initialement, l’idée était d’aller faire un tour à l’UBU pour y voir Pandour. Mais parfois, il faut savoir se faire violence, sortir de sa sieste pour démarrer un concert à 16h30. Heureusement pour moi, j’ai trouvé la motivation pour découvrir One Sentence. Supervisor. Autre grande claque et découverte de ces Trans Musicales. Autres artistes qui marqueront forcément les routes de 2018. Je l’espère en tout cas. Et sur cette route, le quatuor suisse a toutefois pris de l’avance, en choisissant de la parcourir à la manière de The War on Drugs : au rythme invariable du krautrock, musique motorisée par excellence mais le regard porté vers un horizon bruissant de mélodies pop et baigné de brumes électriques. Côté passager, on ne voit pas le temps passer. Surtout grâce à leur album Temporär Musik 1 – 13 sorti fin octobre.

Viagra Boys débarquait sur la scène des Trans Musicales avec une sacrée réputation déjà. Après une poignée de titres et de concerts chaotiques à souhait, ils étaient déjà devenu très vite une sensation underground de la capitale suédoise. Qualifié de post-punk, le septuor joue une sorte de punk rock rugueux et hypnotique qui soutient les scansions hargneuses et incantations fiévreuses de son chanteur Sebastian Murphy. Sur scène, la tension est palpable à chaque battement de mesure mais si excitante. Ces Viagra Boys tiennent facilement jusqu’au petit matin. Énergie toute refoulée pour mieux vous exploser au visage dans un vacarme jouissif.

Parce que le metal est si rare aux Trans Musicales qu’il était difficile de ne pas jeter un orteil à Zeal & Ardor. D’autant que ce projet hors-norme était l’une des attractions de cette édition des Trans Musicales. L’histoire raconte que ce projet est né d’un défi lancé par des internautes. Saurez-vous mélanger du black métal et du négro spiritual ? Le Suisse Manuel Gagneux l’a fait et voici Zeal & Ardor donc. « Mélange entre des chants d’esclaves travaillant dans les champs de coton et du métal », glisse Jean-Louis Brossard. Un ovni, mais surtout un projet bien ficelé et énergique à souhait pour un show des plus intense sur scène.

La fête totale rock avec Confidence Man, Washed Out et Saro

Avec ses jeux de rôles chorégraphiés, ses poses lascives et sa nonchalance sexy, Confidence Man est de loin ce qu’il s’est fait de mieux en terme de fête qui tâche durant le festival. Attention, ce quatuor australien pourrait bien être la plus belle machine à danser pour nos festivals à venir. Tubes au groove contagieux et danse music sans prise de tête. À nous faire regretter de ne pas avoir vécu dans la grande période des raves des années 90-2000. À rendre jaloux, Tom Tom Club, LCD Soundsystem et Fatboy Slim réunis par leur énergie débordante. Et si avec ça, vous n’êtes pas capable de retrouver la confiance…

Avec Whashed Out, ce n’est pas tant la grosse et dansante fête mais surtout le plaisir de se retrouver au pays des merveilles tout ensemble pour une fête douce et colorée. Camarade d’université de Toro Y Moi, Ernest Washed Out Greene fait comme lui partie de cette génération de musiciens pour lesquels un écran de laptop est une fenêtre donnant sur leur fort intérieur. Le sien est un mélange si inclassable de pop artisanale, de psychédélisme et d’electronica lo-fi qu’il a d’abord été signé chez Sub Pop, découvreur de Nirvana, avant de rejoindre pour son troisième album la référence hip hop Stones Throw. Dans tous les cas, ses chansons, rêveuses, sensuelles et fourmillant de détails, s’y révèlent des merveilles de songwriting introspectif. Et à 23h, Washed Out était le starter idéal pour lancer une fête contagieuse au final.

Certains ont plusieurs voix dans leur tête. Saro, lui, en a plusieurs dans le diaphragme et autant dans son looper. Tellement que ce prodige du beatboxing a remporté en 2017 la Grand Beatbox Loopstation Battle, la compétition la plus importante en la matière. Loin de se reposer sur ses lauriers phoniques, il met depuis sa technique au service d’un électro distancié, ludique et bourdonnant de basses thoraciques. En un mot : phénoménal. Et à le voir en vrai manipuler sa voix et sa toute petite machine rend la fête encore plus simple et impressionnante.