Le Pitchfork Music Festival c’était le week-end dernier, découvrez mes quelques coups de coeurs et quelques groupes qui auront marqué cette 7e édition.

Autant être franc et direct d’emblée, cette 7e édition du Pitchfork Music Festival n’était pas sa plus belle. La faute certainement à un public bien trop mou pour ce genre d’évènement ou à des artistes pas forcément au rendez-vous, ou peut-être tout simplement à une programmation loin des standards qu’on peut attendre d’une scène rock indépendante. Elle semblait pourtant ambitieuse cette programmation au départ, bien que trop hip-hop et électro au final… Non pas que c’était mieux avant, plus que le Pitchfork Music Festival ne semble plus être en mesure de se renouveler pour surprendre et impressionner comme les années précédentes. À croire que le rendez-vous Avant-Garde est ce qui porte aujourd’hui le mieux l’identité du magazine et que cette grande halle de la Villette est devenue un peu froide et grande à force. Merci à Heineken et Greenroom pour l’invitation en tout cas et à la Blogothèque pour les vidéo.

Des Avant Garde, retenez Superparka, Matt Maltese, Bad Nerves et Big Thief

Après une première édition réussi en 2016, Pitchfork Avant-Garde ont remis le couvert les 31 octobre et 1er novembre pour une nouvelle promenade nocturne dans 7 salles emblématiques autour de Bastille. Et cette mise en bouche à la grande messe du festival ensuite est certainement ce qui était le mieux au final. 2 jours à se balader ici et là, à faire des choix en fonction de sa curiosité du moment pour découvrir la nouvelle garde indé avec pas moins de 46 concerts. Du coup, forcément difficile de tout voir, mais de ce que j’ai vu il y a Superparka, Matt Maltese, Bad Nerves et Big Thief qui ne m’auront pas laissé indifférent.

La mauvaise nouvelle était tombée le 5 avril dernier sur leur page Facebook. We Are Match se séparait. Mais de We Are Match à SuperParka il n’y a qu’un tube, l’ultra catchy Girl, qui annonçait durant l’été une nouvelle pop décomplexée et un nouveau challenge pour Simon et Paco. Certes sur la scène du Pan Pier, il manquait un groupe, celui d’avant pour plus de volume, mais les nouvelles aventures musicales de ce SuperParka sont promises à nous faire groover bien plus qu’avant. Flirtant bien plus avec les sonorités électro, faisant de l’œil aux beats hip hop, et tchatchant avec les mélodies stoner. Sans aucun regret d’avoir du louper Leif Vollebekk, figure incontournable du label québécois Secret City Records qui a embelli cette année avec son album Twin Solitude. Plus tard, c’était au tour de Big Thief de nous scotcher au Café de la Danse. La foule s’était donnée rendez-vous pour ce grand moment d’indie-rock poétique. À se laisser bercer par des mélodies déchirantes et surtout par les textes vibrants et autobiographiques de sa chanteuse, qui touchent au coeur quiconque laisse trainer sa curiosité dans les parages.

Le lendemain, j’ai pu profiter de Matt Maltese en guise de préambule. De l’art des crescendos sur des mélodies simples et intimistes, le londonien en a fait sa signature. Et la petite Loge se prêtait parfaitement aux émotions et sentiments universels qu’il décrit. On reste suspendu à sa voix grave et envoûtante, qu’un sourire en coin vient questionner constamment. Plus tard, direction East London dans la cave de La Mécanique Ondulatoire. Les quatre garnements de Bad Nerves donnent un nouveau souffle à la scène garage-punk made in U.K. Avec des compositions dépassant rarement les deux minutes, cette musique au caractère bien trempé est un concentré de violence et d’insouciance juvénile.

À lire aussi ☞  Découvrez un instrument conçu pour jouer la bande-son de vos cauchemars

Le triomphe The Blaze

Sans conteste possible, le tandem électronique The Blaze est la grande découverte de ce Pitchfork Music Festival. Le phénomène qui a le plus fait jaser ces derniers mois a littéralement retourné la foule, après pourtant s’être pris une claque avec Run The Jewels ! Découvert avec Virile en janvier 2016, c’est surtout l’intense clip Territory en février de cette année qui a consolidé le bouche à oreille incroyable de ce groupe à un seul EP seulement. Avec sa parfaite maîtrise de l’image et du son, The Blaze fait partie de ces rares artistes électro qui savent s’emparer avec brio des esthétiques urbaines pour les sublimer. Tant par la sidérante force d’évocation de leurs productions, que par le parti pris esthétique exalté dans leurs clips. La poésie de la marge, l’amour fraternel, l’ivresse des émotions sont au centre avec comme seul outil l’authenticité, et provoquent une multitude d’émotions qui oscillent entre tendresse et brutalité. Et quelle scénographie mes enfants. L’hypnose est totale tout le long d’un live monstrueux de maîtrise. Le phénomène The Blaze n’est pas prêt de s’arrêter !

La consécration Isaac Delusion

Je pense qu’il n’est plus vraiment nécessaire de présenter Isaac Delusion. Enfin j’espère… Le plus feel-good des groupes français a magnifié sa musique sur la grande scène du Pitchfork Music Festival. Grâce à leurs tubes imparables et surtout à leur merveilleux deuxième album Rust & Gold. À l’époque de sa sortie, je les avais croisé au comptoir pour une bière, Loïc et Jules étaient à l’époque impressionnés de voir tout ce beau monde lors de leur deux concerts à l’Élysée Montmartre. Vu leur prestation énorme au Pitchfork, il faut croire que ça ne va pas arranger leur affaire ! Encore plus puissant, encore plus dansant, plus rock et toujours cette voix incroyable de Loïc. Définitement un grand album taillé pour la scène.

La beauté du jazz avec Kamasi Washington et BADBADNOTGOOD

Ces deux scènes jazz n’ont pas fait plaisir à tout le monde, mais elles ont au moins eu le mérite d’aiguiser la curiosité et surtout d’apporter sur scène deux véritables performances instrumentales. Ce n’est certainement pas Princess Nokia, Tommy Genesis ou encore Polo & Pan qui auraient pu nous apporter une quelconque intelligence musicale… D’un côté Kamasi Washington avec son crew et de l’autre BADBADNOTGOOD ont su relever le niveau de moments parfaits bien pâles. On ne va pas se plaindre d’avoir sur la scène du Pitchfork des véritables musiciens ! D’autant que les énergumènes ne sont pas là par hasard. The Epic de Kamasi Washington a été accueilli à l’époque par un engouement critique quasi unanime. Un jazz énergique et psychédélique porté par son ténor virtuose et puissant. Une musique sans frontière et délicate entre soul, afro-beat et funk pour explorer un panel d’émotions incroyablement variées et toujours vivantes. Son album porte bien son nom quand on le découvre sur scène. Quant à BADBADNOTGOOD, ils sont considéré désormais comme des cadors de la scène hip-hop internationale, collaborant, entre autres, avec Frank Ocean ou Snoop Dogg. Voilà que ce quatuor jouit maintenant d’une popularité hors-norme auprès du public. Jouant un jazz fusion futuriste et hypnotique, capable de mettre le public dans un état de trance. Comme quoi, pour beaucoup ce n’étaient certainement pas les artistes sur lesquels il fallait compter cette année au Pitchfork Music Festival, et pourtant… Pourtant ces deux lives furent sans contexte deux grands moments de musique et de performance durant ce festival !

×