Pendant 9 mois en 2013, un photographe barcelonais s’est promené à Marseille. Il a réalisé une série de photos magnifiques. Découvrez la série Capitale d’Arnau Bach.

Lauréat de la bourse Pierre et Alexandra Boulat en 2013 grâce à son autre projet photo Suburbia, un travail en immersion dans l’intimité des banlieues parisiennes, Arnau Bach a décidé de partir dans le sud et d’immortaliser les quartiers de Marseille. Et comme, il l’explique sur portefolio, cette idée est né à Paris et d’une phrase qui l’a marqué durant son travail sur Suburbia.

“If you ever go to Marseille, watch out
… it’s Baghdad there!”
Zed (Paris, 2012)

Cette phrase était souvent répétée par Zed, l’un des protagonistes de Suburbia. Il se référait probablement à l’excès de violence qui caractérise la ville. Ou tout simplement d’un réflexe de comparaison négative et habituelle entre Paris et Marseille. Bien que la comparaison soit exagérée, la réalité est que Marseille a connu une longue et profonde crise économique et sociale depuis le déclin de son activité portuaire, connaissant des taux de criminalité élevés, gagnant le récit peu enviable d’être l’une des villes les plus pauvres de France et avec le chômage constamment en augmentation.

Loin de ses clichés sur la violence, Marseille est une ville à fort potentiel : elle débouche sur la Méditerranée et a le caractère d’une ville cosmopolite avec une population jeune et multiculturelle. Marseille n’est pas un lieu de mise au ban, où l’on se sentirait assigné à résidence, même si on y expérimente aussi le sentiment d’exil. Marseille est une ville de passage, même si les “passants” peuvent s’y éterniser toute une vie… Marseille est une ville dure, tendue, secrète, toujours en mouvement. On ne peut la résumer à quelques clichés de jeunes apparemment oisifs au pied d’un immeuble. Comme l’explique Arnau Bach à travers ses photos.

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Le potentiel de la ville et le désir de la classe dirigeante de donner à Marseille une nouvelle image lui ont valu le titre de Capitale européenne de la culture 2013. Le message émis par les organisations politiques était clair : l’année 2014 est cruciale pour Marseille. C’est l’occasion de se débarrasser de la stigmatisation de la violence et de la criminalité qui l’a pendue, de passer de la violence sociale qui imprègne ses rues et l’inégalité économique évidente. Sous le label de « capital culturel », gagné après un investissement financier de plus de 600 millions d’euros, Marseille a connu une énorme transformation urbaine, dont l’objectif principal est la réhabilitation des zones les plus emblématiques et la création de nouvelles installations culturelles dans l’ancien Port.

Néanmoins ces habitants sont toujours restés les mêmes. Et ils font certainement ce qu’il y a de plus beau à Marseille. Une ville unique par son multi-culturalisme. Une identité forte immortalisée dans des photos incroyables d’Arnau Bach.

Découvrez la série Capital d’Arnau Bach

Quelques mots sur Arnau Bach

Arnau Bach est né à Barcelone en 1981. Autodidacte, il intègre l’Université de Barcelone pour y suivre des cours de photographie documentaire. Après six ans au Daily News et dans des journaux espagnols, il décide de produire son propre travail en tant que photographe indépendant. Cette nouvelle étape dans sa carrière initie en 2006 un reportege sur la vie quotidienne en banlieue parisienne, travail qui sera complété en 2012. En 2016, Arnau a rejoint le « VII Mentor Program » à l’agence photo VII où il a pu bénéficier du parrainage de Christopher Morris. Il est actuellement basé entre Barcelone et Paris.

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