Deuxième jour de Sakifo Musik Festival et même pas de courbatures. Au programme : Claire Denamur, Moriarty, Ayo, Asaf Avidan, Sharon Jones & The Dap-Kings, Misteur Valaire et Zon. Un samedi 2 juin comme des invitations aux voyages !

Claire Denamur

Elle est belle, ses chansons sont bonnes et sa voix… Cette voix ! Envoutante, sensuelle et éraillée, sa voix est parfaite pour démarrer la soirée en douceur. Nouveau visage de la chanson française, elle sort déjà son deuxième album Vagabondes, un disque qu’elle a tendance à considérer comme le premier tant il se rapproche enfin de l’effet recherché. Claire Denamur est l’une des rares françaises à explorer avec élégance la musique traditionnelle nord-américaine et son caractère poétique, où rudesse des sentiments et nostalgie à fleur de mots prédominent. L’album sur scène fonctionne parfaitement, surtout grâce à un groupe excellent à ses côtés. Je me laisse partir et m’évade dans cette folk française qui sent bon l’amérique, quel bonheur ! Une heure de vagabondage qui se termine sur sa cover extraordinaire du Hang Me Up To Dry des Cold War Kids, et qui me fait penser que je dois absolument lui payer un coup à boire. Une belle découverte !

Ma réaction durant le concert de Claire Denamur.

Moriarty

Un véritable succès lors de leur première venue au Sakifo Musik Festival en 2008, logique donc de voir autant de monde bien avant le concert. Personnellement, je découvre Moriarty en live. J’ai hâte aussi. La troupe des 6 arrive, se regroupe au centre et la magie opère dès les premières notes. Avec leur 2è album The Missing Room, Moriarty s’éloigne légèrement de leur folk et country-blues, et insuffle à ses histoires tension poétique et accents électriques. Pourtant sur scène, l’invitation au grand voyage américain est toujours présente. My God, quel univers !    L’incroyable voix de Rosemary raconte des histoires à frissonner et on y croise tout le far-west. Et cerise sur le cake, Christine Salem, grande dame du maloya local, avec quelques-uns de ses camarades, rejoignent Moriarty sur scène. Le cocktail est magique, le public en transe a de plus en plus soif, un des grands moments du festival sans aucun doute. On finit sur une reprise de Hank Williams, merci !

Ma réaction après le concert de Moriarty.

Ayo et Asaf Avidan

2007, 2009 et 2012 donc, Ayo est une habituée du Sakifo Musik Festival. Cette année, c’est elle qui voulait revenir absolument, suite à quelques ratés lors de son dernier passage. Le public est ravi, car beaucoup de monde est venu la voir présenter son 3è album Billie-Eve. La couleur musicale de cet opus va du reggae au rock psyché, avec des passages par le blues et la soul, le tout agrémenté de paroles personnelles, les plus sincères qu’Ayo ait jamais écrites selon ces dires. Pas les miens. Artiste universelle et offrant énormément sur scène, content pour elle qu’elle plaise autant. L’ayant aperçue, vue et revue à droite et à gauche, je commence à connaître et je ne demande pas forcément à revoir de nouveau. Quelques photos, quelques titres et je me dis qu’il est préférable de partir avant de s’endormir. Je déconne (quoi que), j’ai surtout envie de voir Asaf Avidan. Tant pis pour moi, j’aurai peut-être dû attendre un peu et je n’aurai pas loupé la grosse blague du soir : Guillaume Hoarau à la batterie. Oui, l’attaquant local du PSG sur scène !

Ma réaction durant le concert d’Ayo.

Je fonce voir Asaf Avidan, donc. Aucun regret d’avoir loupé Guillaume, car Asaf Avidan est un véritable objet vocal non identifié que je vous recommande chaudement ! Sa voix hors-norme est un impressionnant mélange entre la fougue de Janis Joplin et la grâce de Jeff Buckley. Cet artiste atypique, un israélien à la coupe iroquoise, offre un grand et beau live intimiste et plein d’émotions qui n’a laissé personne indifférent, pas besoin d’en dire plus. Encore une belle découverte qui me dit que je ne suis pas prêt d’atterrir !

Lindigo

Alors que Zaza Fournier démarre son set devant un public venu nombreux, j’attrape un rougail sauciss’ pour mieux apprécier Lindigo. Pour rien au monde, je n’aurai loupé en live leur nouvel album Maloya Power : un maloya moderne et volcanique qui ne laisse pas les hanches indifférentes. Et Lindigo ont encore une fois fait le métier ! Pas facile de manger et de digérer lorsqu’on a une musique aussi énergique et prenante. Emmené par le charismatique Olivier Araste avec sa voix à la puissance inépuisable, Lindigo rallie le public à sa cause et donne le sourire à tous ceux qui voulaient transpirer. Chapeau bas à Lindigo qui a remplacé Finley Quaye au pied levé et fortement rythmé !

Ma réaction lors du concert de Lindigo.

Sharon Jones & The Dap-Kings

Je délaisse Joakim et fais le choix de Sharon Jones & The Dap-Kings. Une icône de la soul présentée comme la James Brown d’aujourd’hui accompagnée d’un band considéré comme le meilleur au monde, ça promet ! Même Patrice a préféré délaisser le skatepark voisin et venir en coulisse pour ne rien rater de l’évènement. On commence avec les Dap-Kings et cela présage un nouveau grand voyage aux confins de la soul américaine. Ces derniers, pour ceux qui l’ignoreraient, ont contribué en grande partie au Back to Black de feu Amy Winehouse notamment, pas rien quand même. Deux titres instrumentaux, quelques titres pour les choristes et boum ! L’arrivée théâtrale de Madame Jones fait des étincelles. Elle a du peps à revendre à la tonne cette dame. Rien à redire, cette association puissante et unique offre une funk et une soul rutilante et racée de haute volée. Encore une sacrée voix pour porter un autre style américain qui fait le plus grand bien, la grande classe !

Ma réaction après le concert de Sharon Jones & The Dap-Kings.

Misteur Valaire

Les extra-terrestres existent bien, viennent tout droit du Québec et ont débarqué à la Réunion pour foutre un bon gros bordel. Il fallait « accrocher sa tuque avec d’la broche » dès le départ car Misteur Valaire, ce n’est ni de l’électro, ni du hip-hop, ni du jazz, ni du rock, mais un habile mélange déjanté de tout ça, avec des cuivres, des samples et assez de beats pour vous faire danser toute une nuit ! Ces cinq là retournent la scène avec une énergie bien contagieuse. Le concert est diablement festif et totalement décalé, et que ça saute dans le public sur l’air de I will always love you. Ok, j’ai transpiré et j’en redemande !

Dans ces conditions impossible de faire un tour à GiedRé qui se déroule au même moment, même si les amis du Transistor en disent du bien. Une jolie blonde qui fait des anus avec ses doigts pour remercier le public est à voir, mais quand on assiste à un show de Misteur Valaire, « on s’en tabarnaque » du reste. Bon GiedRé, promis la prochaine fois je passe.

Zon

Le temps de reprendre à boire et on débarque voir les amis Zon : une musique électro libre et non formatée, parfaite pour prolonger mes voyages. Costa aux machines et claviers, Fever à la batterie et Valentin aux samples jonglent entre dub, post-rock, techno et jazz dans un groove sauvage mais construit. Un set unique à voir, vivre et revivre le plus souvent possible. 

 

Direction le VIP Charette pour prolonger les sensations et l’ambiance qui règne présage que je ne suis pas prêt d’atterrir. Le risofé avec Danyel Waro commence à 9h, hâte de voir ce que va me réserver cette nuit blanche.