C’est pour s’évader. Voilà quelques jours déjà que j’ai découvert Nice et son festival de Jazz si particulier. Retour sur ces quelques jours à travers la découverte de la ville, de ses charmes, de ses rues étroites et promenades, et des formidables performances d’artistes comme Jamie Cullum, Benjamin Clementine, Brad Meldhau Trio, King Elling ou Too Many Zooz.

Arrivé fraîchement en plein centre-ville sous 40 degré au soleil et il est à peine 10h. Aurevoir la canicule des Eurockéennes, bonjour le soleil niçois. Direction la mer et la plage Hi Beach. D’origine réunionnaise, je dois avouer que je connais que très peu ce concept de plage privée. Loin d’être désagréable de manger une bonne pizza à l’encre noire de seiche, de siroter des cocktails tout l’après-midi et de découvrir les joies du Calipo (ouais je suis trop un novice concernant les us et coutumes de Métropole). Et avec une session paddle comme cerise sur la pissaladière, ces premières heures à Nice ne sont pas pour me déplaire. Juste le temps de faire connaissance et de discuter avec Nabil de Hypeaintsht et Guillaume de Griefjoy, mes acolytes des prochains jours, direction le Nice Jazz Festival.

Quelques mots sur le Nice Jazz Festival

Le Nice Jazz Festival est devenu au fil du temps une très belle référence en terme de festival international sur la Côte d’Azur. Cette année encore, la ville de Nice a mis les petits plats dans les grands et a proposé une relative belle programmation : Brad Mehldau Trio, Ms. Lauryn Hill, Kool and The Gang, The Roots, Cerrone, le chouchou Jamie Cullum ou encore Yael Naim. C’est surtout la programmation jazz qui impressionne. Plus ou moins novice en la matière, je sais déjà que je vais faire de supers belles découvertes !

En 1948, avait lieu le premier festival de jazz au monde, à Nice. Depuis, les plus grands noms du jazz s’y sont produit comme Louis Armstrong, Django Reinhardt, Ella Fitzgerald, Stéphane Grappelli, Herbie Hancock Quintet ou encore Oscar Peterson trio. Pour l’anecdote, c’est lors de la toute première édition que Armstrong découvra la célèbre chanson C’est si bon dans une fin de soirée, chantée par l’actrice Suzy Delair. Au fil des ans, l’affiche est devenue de moins en moins marquée jazz, se voulant plus éclectique pour répondre aux goûts variés du public. Le Nice Jazz Festival s’exporta aussi au coeur de la ville de Nice, entre le jardin Albert 1er et la place Masséna qui font partie intégrante de la promenade du Paillon. Des choix qui font parler les vieux habitués avec qui j’ai pu discuter, mais des choix qui ne sont pas forcément pour déplaire. Populariser un festival pointu pour le rendre encore plus atypique et ouvert.

Folie Too Many Zooz, délicat Omer Klein et gêne Caravan Palace

Premier groupe et première grosse vibration : Too Many Zooz ! Le phénomène brasshouse forgé dans les entrailles du métro new yorkais et mis en lumière par Questlove de The Roots est un véritable ovni. Bien que composé de seulement trois membres Matt Doe à la trompette, Leo P au saxophone baryton, King Of Sludge aux percussions, le groupe a la capacité de produire un son follement puissant. Une musique organique, qu’on qualifie de brasshouse, mais qui va bien au delà en empruntant et mélangeant le hip-hop, la techno et la puissance de la fonk. Impressionnant ! D’un côté, Matt Doe, tranquillou, bière à la main et trompette de l’autre, enchaîne les solos, de l’autre Leo P se tue à maltraiter son baryton, en sautant, dansant, cassant ses reins pour impressionner les filles, et au centre King Of Sludge fracasse ses percussions comme un Hulk s’alimentant en pile Duracell. La foule de plus en plus nombreuse est scotchée devant le phénomène. Dansant, transpirant, en transe pour certain. La grande scène Masséna n’est clairement pas assez grande pour contenir toute l’énergie des Too Many Zooz. Réellement impressionnant. Des extraits de leur performance dans la vidéo du premier jour en bas de page.

Après la folie Too Many Zooz, j’enchaîne avec la délicatesse du piano d’Omer Klein. Connu de nom et de référence, c’est en parfait touriste que je débarque dans le magnifique Théâtre de Verdure. Une scène à l’architecture d’inspiration grecque contenant un mur de pierres en fond de scène, surplombé de deux statues de facture antique et de gradins en amphithéâtre. Un lieu magnifique, idéal pour cette scène 100% jazz du Nice Jazz Festival. Idéal pour laisser s’envoler les mélodies du piano d’Omer Klein entre culture musicale française, jazz classique et rock anglais.

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D’un moment délicat, je passe à un moment de gêne. Caravan Palace prenant place sur la scène Masséna. Guillaume résume assez bien l’ensemble. Caravan Palace c’est comme si un « orchestre municipal de Varsovie rencontrerait une parodie des Daft Punk » Et des Daft Punk, Caravan Palace ont pillé pas mal de chose quand on les écoute, essaye de les écouter du moins. Leur electroswing est indigeste, conventionnel, presque ridicule parfois. Désolé mais quand on se lance dans un morceau dit de « hip hop », il n’est pas nécessaire de se mettre une casquette à l’envers. Assez gênant dans l’ensemble. Ils ont eu le mérite de nous inviter à prendre le premier véritable apéro.

Formidable showman Jamie Cullum

Si il y a bien une chose à retenir de ces quelques jours au Nice Jazz Festival, ça serait bien la performance de Jamie Cullum. Parrain de cette édition, figure emblématique du jazz d’aujourd’hui, le pianiste crooner accompagné de son band a régalé tant avec ses nouveaux titres d’Interlude qu’avec ses vieux standards ou célèbres reprises de Radiohead ou Rihana. Il était évidemment le plus attendu de la soirée, la foule s’est vite amassée devant Masséna. Il faut noter que Jamie Cullum est quand même l’un des musiciens qui a vendu le plus d’albums de jazz au monde. Une figure de proue de la musique d’aujourd’hui et qui a su créer un véritable mouvement artistique avec son jazz teinté de pop et de rock. Et sur scène, Jamie Cullum a été fidèle à sa réputation : agité comme un shaker, il s’est montré comme d’habitude un showman de haute volée. Surexcité sur son piano. Impressionnant avec sa voix. Haranguant la foule. Une démonstration de beat box par-ci. Un petit mot drôle par-là. Mais surtout une bonne grosse dose de talent quand il s’agit de porter le jazz aux nues. Avec ce petit supplément populaire qui fait la marque de ce petit homme, un très grand du jazz moderne. Jamie Cullum est bel et bien le meilleur moment de ces quelques jours. Et j’ai quand même fait du paddle dans la Baie des Anges, je vous dis.

Retour sur cette première journée du Nice Jazz Festival


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