Nouveau festival pour nouvelle vie. Le Big Festival bel et bien enterré, c’est au tour de Biarritz en Été de prendre le relais et d’ambiancer la hype de la côte basque durant trois jours de festivités musicales. Annoncé comme festival pop et coloré, le festival s’est déroulé le week-end dernier. Invité par leur partenaire Audi, je vous raconte.

De tous mes voyages musicaux, je n’avais jamais vraiment eu l’occasion de mettre les pieds dans le Sud-Ouest. Par choix parce que le Big Festival ne convenait pas à mon idée d’un festival intéressant ou par défaut parce que faute de temps pour vivre le formidable Baleapop. Bien évidemment, il n’existe pas que ces deux festivals durant l’été dans la région, mais il s’agit de ceux qui correspondent le plus à mes attentes curieuses. Et puis, désormais avec le petit nouveau Biarritz en Été, me voilà servi. Idéal le temps d’un weekend de juillet pour profiter du soleil estival basque et d’une programmation pop et coloré.

Et il est bien là, l’intérêt d’une curiosité musicale : goûter à un nouveau pays tout en savourant des artistes sur scène. Un festival se doit d’ambiancer les locaux et également inviter les voisins et plus encore à la fête. C’est exactement le plaisir que j’ai pu prendre en découvrant pour la première fois La Route du Rock, entre Saint-Malo et rock indé bien ancré. Du coup, le week-end dernier fut la découverte du Pays-Basque donc et de son nouveau festival Biarritz en Été. Et bien qu’il s’agisse apparemment d’un festival où les parisiens sont venus en force (influence de Super! oblige), je dois avouer que la découverte de ses nouvelles terres et cultures a fait de ces trois jours une réussite. Une agréable découverte dans tous les domaines. Et pour une fois, sans aucun drapeau breton à l’horizon.

Biarritz en Été signe parfaitement ses débuts, avec ses forces et ses faiblesses. Assurément, le nouveau rendez-vous pop, basque et éco-responsable du mois de juillet, situé dans les jardins de la Cité de l’Océan et de la Plage de la Milady. Le festival s’offre une programmation ouverte et exigeante, alliant jeunes pousses et artistes confirmés, artistes français et internationaux. Éclectique et pragmatique. À l’initiative de la Mairie de Biarritz avec le Centre de Musiques Actuelles Atabal, du groupe média Les Nouvelles Éditions Indépendantes et de l’agence artistique Super! Merci pour leur partenaire Audi pour ce week-end d’amour. La preuve en vidéo.

Une programmation pop et colorée

Au menu de ce week-end basque se sont enchaînés pas moins de 40 artistes, dont Phoenix, Juliette Armanet, Lomepal, Etienne Daho, Daniel Avery, Parquet Courts ou encore Eddy de Pretto. De quoi se gaver comme il faut. Avec cette programmation pop et colorée, Biarritz en été se veut être le nouveau rendez-vous estival des amateurs de bonne musique, d’océan et d’amour. Entre deux scènes pas forcément grandes mais idéalement situées l’une de l’autre. La Grande Scène offrant notamment un point de vue idéal à un public situé dans une légère pente descendante. Le site étant à taille humaine, difficile de rater les concerts qui s’enchaînent, même de loin, ce qui n’est pas plus mal et de bon goût. Forcément au Pays-Basque me direz-vous.

Alors forcément il y a eu du bien et du moins bien. Et je peux vous avouer, en tout objectivité, que Phoenix était bien la grande et belle aventure de ces trois jours. Juliette Armanet pas loin derrière. Mais de tous ces noms au programme, il n’y avait malheureusement pas grand chose de nouveaux à se mettre sous les oreilles. La programmation ressemblant quelque part à beaucoup de celle que vous aurez ou eu l’occasion de voir cet été. Sur Paris ou ailleurs. Néanmoins, le contexte basque ajoute un certain enthousiasme à l’ensemble. Et avoir la plage à proximité a son charme. A rendre jaloux un Fnac Live avec son Paris Plage.

En quelques mots, et de mon humble avis, voici un rapide passage de revue de ces artistes qui se sont alternés durant ces trois jours. Alors déjà, il faut savoir qu’au départ il y a eu malheureusement un mauvais départ. Le mauvais temps et l’orage de passage ont décalé l’apéritif basque que les programmateurs voulaient nous faire goûter : Mak Jak, Lumi et Belako ont du passer leur tour. Putain de dommage… Pour l’ouverture du festival, il fallait être à l’heure néanmoins pour ne pas louper le rap tout en second degré de Caballero & JeanJass. Toujours efficace.  L’Impératrice ensuite a fait le boulot, mais sans plus… Moment idéal pour se ravitailler et découvrir le site tout en boue. A rendre jaloux les plus grands détracteurs idiots de la Route du Rock. Entre glissade, c’est le moment qu’a choisi Parquet Courts pour ambiancer tout ça à nouveau. La belle caution indie-rock du week-end. Avec quelques nouveaux titres qui fonctionnement parfaitement sur scène. ‘Milesker hanitz’ Transition pas évidente avec Juliette Armanet, mais difficile de se plaindre, malgré la fraîcheur océane. En tout simplicité, Juliette a fait danser les couples avec sa disco et certainement formé de nouveau avec ses doux mots. Rassasié d’amour, c’est le moment choisi pour reprendre à boire et se poser au loin pour Rejjie Snow, parce que bon la transition encore était loin d’être évidente… Eddy de Pretto enchaîne sur l’autre scène, et c’est à nouveau le moment idéal pour se reprendre à boire. Parce que de loin, comme de prêt, je ne prête que très peu d’intérêt au nouveau kid de la chanson française. Ce n’est pas de la mauvaise volonté de ma part, je dirai plutôt du bon sens. The Black Madonna réveilla tout ça avec brio. Fort heureusement. Ce qui était loin d’être le cas de Daniel Avery, bizarrement pris dans un esprit orageux, tout en volume sonore malaisant…

Phoenix, tout proche du soleil à se crame de bonheur

Le soleil se pointe à l’horizon de cette deuxième journée. Avec en ligne de mire un Phoenix des grands soirs. Il n’y a pas à dire. Biarritz sous la pluie c’est pas mal, Biarritz sous le soleil c’est quand même bien mieux. Et ce soleil on a pu en profiter, que ce soit en promenade Audi Q5 sur la route de la Corniche jusqu’au Château Observatoire Abbadia ou en s’essayant à la cesta punta avec un Champion du Monde vers Bidart. Le temps d’une simple petite journée ensoleillée et on se laisse déjà s’entendre dire que la vie est vraiment belle au Pays-Basque. L’apéro local sur la plage d’Ilbarritz ne doit pas y être étranger. Au loin s’enchaîne Kepa, Pendentif et TH Da Freak. Désolé pour eux, mais les jambons et fromages du pays ont eu raison de moi.

On débarque sur site pour la fin d’Angèle, toujours en rodage, mais plus à l’aise qu’à We Love Green. On est surtout arrivé pour ne pas louper Petit Fantôme, local de l’étape. Entre pop romantique et noise brumeuse, Paul Loustaunau et sa bande sont toujours un délice sur scène. Ce qu’il se fait de mieux actuellement en chanson française, ‘erraza’. S’enchaîne The Limiñanas. Enchaînement merveilleux (pour une fois). Nourris aux rock des années 60, le duo à l’origine de The Limiñanas s’inspirent de leurs idoles pour composer un sympathique renouveau du garage français. Ces voisins perpignanais s’imposent de plus en plus, et ce n’est pas pour déplaire. La nuit commence à tomber sur Biarritz en Eté, Vladimir Cauchemar peut entrer sur scène. Le nouveau venu d’Ed Banger aurait bien mérité une nuit noire pourtant, histoire de nous faire rêver avec sa mythologie électro complètement barrée. A l’image du personnage, l’organisation de cette programmation reste une énigme pour moi. Néanmoins, Vladimir fut la belle surprise du week-end, capable d’ambiancer aussi bien avec son hip-hop bien tassé ou sa house d’un autre temps. Bien qu’on aurait préféré le voir après Phoenix…

Phoenix sur scène est une évidence. Que vous soyez fan ou non, il est difficile de ne pas s’ambiancer sur cette pop joyeuse, terriblement efficace. Inspirés par une Italie fantasmée, Phoenix sonne parfaitement cet été avec leur dernier album Ti-amo. Pourtant à l’ode à la légèreté adolescente, Phoenix n’oublie pas ses fondamentaux et gratifie son public de tubes issus de Wolfgang Amadeus Phoenix, Alphabetical ou United. Dernier rempart de cette touche française, Phoenix réveille les nostalgies avec délice. Faire danser le monde entier en mélangeant pop, rock, soul, funk et électro depuis bientôt 20 ans, c’est quand même un métier, et leurs performances live sont l’occasion de voir sur scène un groupe accompli et dans son parfait élément. Repu et bien fatigué par tant d’émotions, je passe mon tour au moment du set Busy P B2B Louise Chen. Il faut dire que Polo & Pan n’ont clairement pas aidé à rester dans l’ambiance…

Déjà le dernier jour. Le temps de reprendre des forces à la plage, direction Biarritz en Eté pour apprécier Malik Djoudi et Lewis Ofman. Rêvassant encore de la fête Phoenix, le temps passe tranquillement jusqu’à Kevin Morby. Toujours propre sur lui et dans les mots. Bien qu’on apprécierait volontiers plus de nouveauté. C’est au tour de Lomepal justement. Jamais vu, jamais vraiment entendu. L’ennui fut rapide… Et il ne faut pas compter sur Cigarettes After Sex pour rattraper le coup. Les heures passent et Etienne Daho se fait de plus en plus attendre. Le patron débarque (enfin) sur scène, au moment où le soleil disparaît dans ses dernières lueurs. Ce crépuscule lui sied à ravir. En plus de 30 ans de carrière, une dizaine d’albums et de tubes, Etienne Daho s’est imposé comme l’une des personnalités musicales les plus influentes de la chanson française. Le rennais reste encore aujourd’hui audacieux et inventif, comme le témoigne Blitz son dernier album. Pourtant sur scène, il dégage une certaine timidité troublante. Le grand garçon assure le show avec perfection pourtant. D’une belle élégance rare. Le public du jour est conquis. Je le suis plus par Agar Agar de mon côté. A la température moite d’un Daho, Clara & Armand apportent un vent de fraîcheur suave et puissant. Une conclusion parfaite à ce Biarritz en Été.

Du point de vue artistique, zéro fausse note. Les artistes ont assuré le show, fait bouger le public. D’un point de vue accueil, rien à redire également, malgré la boue du premier jour. Lancer un nouveau festival est un sacré challenge avec son lot de galère. Biarritz en Été réussit au la main son premier pari. A l’année prochaine !