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Soulwax, De La Soul, Vald, Nicolas Jaar ou Meute, retour sur mon meilleur de Marsatac

Ligue des Champions mon frère

Le week-end dernier, Marsatac nous a chahuté, bousculé, mis dans le rouge. Cette couleur des fruits défendus, des brasiers exaltés et des nuits tumultueuses. Retour sur l’incontournable festival marseillais avec Soulwax, De La Soul, Vald, Nicolas Jaar ou Meute dans mon top.

Quoi de mieux qu’après unaprès-midi soleil et calanques que de passer la nuit dans un décor berlinois et croiser des légendes du rap américain et français ? Rien. C’est bien pour ça qu’on aime Marsatac. Incontournable festival de la scène marseillaise qui fêtera l’année prochaine sa vingtième édition. Et pour avoir essayé pour la première fois, on y a tellement pris goût qu’on risque fort d’y retourner pour ce grand anniversaire.

Marsatac avait annoncé la couleur “Ton été sera rouge. Écarlate. Comme les ardeurs qui consument, les crépuscules qui allument.” Et ils ont eu raison, ce Marsatac ne fut que chaleur. Déjà pour ces températures mais surtout pour ces quelques artistes qui ont mis le feu. Bien évidement, la Fonky Family et Die Antwoord, mais surtout Soulwax, Meute, De La Soul, Vald, Nicolas Jaar me concernant. Et s’il faut résumer cette édition 2017 en quelques chiffres pour mieux comprendre le succès et l’immensité de cette nouvelle formule : 32 concerts, 20 000 m2 de terrain de jeux, 3 scènes, 300 médias présents, 1200 professionnels accrédités, 200 bénévoles, près de 1000 personnes au travail sur site ….Et 26 000 sourires partout tout le temps !

Retour en gif et en mots sur ma toute première fois à Marsatac.

Alerte rouge sur le Parc Chanot avec la Fonky Family


Cela faisait plusieurs années déjà que Dro cherchait à les revoir sur la scène de Marsatac. Comme il a pu me le confier lors de notre discussion de comptoir. Et cette année fut la bonne. La Fonky Family, dissous depuis dix ans, s’est reformé le temps d’un concert pour Marsatac. Et tout Marseille semblait ne pas vouloir rater l’évènement. “On ne va pas vous décevoir”, ont-ils lancé dans une salle pleine à craquer.Alerte rouge sur le Parc Chanot. Pendant bien une heure trente, les Bad Boys de Marseille (titre de leur collaboration avec Akhenaton qui les a révélés en 1995) ont ainsi tenu leur promesse avec leur rap marginal et sans détour. Surfant sur leurs succès, repris à tue-tête par une foule en délire, la Fonky Family a offert un concert énorme, à la hauteur de cette nouvelle édition géante de Marsatac. Un moment unique, d’exception, certainement le plus grand moment de cette édition. Idéal pour moi, histoire de comprendre la passion de Marseille.

☞ Regardez Art de Rue de Fonky Familly à Marsatac

La machine à danser Soulwax

Avant la Fonky Family, mon Marsatac avait surtout démarré avec Soulwax. Et quel putain de départ ! Enfin de retour, douze ans après Nite Versions, les frères Dewaele (plus connu en tant que 2 Many DJ’s) ont décidé de relancer Soulwax pour le meilleur de la fête sur scène. Le mieux pour comprendre la folie Soulwax reste d’écouter justement From Deewee, leur nouvel album enregistré en une seule prise dans leur studio du même nom. À l’écouter, la spontanéité est totale. Sauf que rien ne vaut de les voir sur scène avec leur groupe en fait. Entourés de trois batteurs et de deux autres musiciens pour les synthés et la basse, les deux frères sont au centre d’un disposition taillé pour la fête. Longtemps considéré comme le grand frère européen de LCD Soundsystem, Soulwax reste bien cette incroyable machine à faire danser. Une scénographie redoutable, une puissance unique !

À voir en fermeture du samedi soir à La Route du Rock, avec toi ? Perso, j’ai hâte d’y être.

La techno en fanfare avec tambours et trompettes de Meute


Dans la famille des autres groupes qu’il faut absolument voir en live, je demande les cousins allemands Meute. Découvert lors des Transmusicales de Rennes l’année dernière, quel putain de plaisir que de les retrouver à Marsatac. Imaginez des morceaux de Jeff Mills, Carl Craig, Âme ou Laurent Garnier, uniquement interprétés par une fanfare. Cuivres, xylophones et percussions pour des reprises jouées par une douzaine d’énergumènes. Un nouveau genre de son combinant fête de fanfare et techno hypnotique ; la primitive énergie de la techno plongée dans le grand bain orchestral. Meute, le gang de Hambourg, s’est d’abord fait connaître des rues et des stations de métro avec une renversante reprise du morceau culte Rej de Âme. Il n’en fallait peu avant que les festivals européen les prennent pour enflammer sur leur public. Aussi bien sur site tard la nuit qu’en pleine journée dans les villes pour rameuter du monde. En adaptant des standards de la house et de la techno aux spécificités instrumentales et déambulatoires d’une fanfare, Meute innove et fait sortir l’électro des machines et autres consoles de DJ dans lesquelles elles sont traditionnellement éloignées du grand public. Tentez de vous représenter le supplément d’âme, le saisissant surcroît de chaleur et de fantaisie. Un vrai choc d’énergie brute et organique à la fois.

Regardez Meute en session dans les rues de Marseille.

Vald tout en haut, bien au-dessus des polémiques

Malgré tout ce qu’on a pu entendre et lire après sa fameuse photo dans les tribunes du Vélodrome, Vald est juste un mec normal qui tente ce que les autres n’oseraient même pas imaginer. Se délectant certes dans les provocations faciles, il reste pétri de talent et le public de Marsatac l’a bien compris. Presque aussi nombreux que pour la Fonky Family. Bien plus jeune surtout. Vald a tout explosé sur son passage. Impressionnant de facilité. Confirmant qu’il est devenu en un rien de temps un artiste majeur de la scène rap française.De toute façon, deux mixtapes auto-produites et partagées sur internet et le phénomène était déjà en orbite. Depuis il a atteint la stratosphère. Sans contexte, Vald marque son époque et cette génération de son empreinte festive et facile. Vald c’est la tentative de réconciliation entre le fond et la forme, technique et réflexion, dans un rap de l’absurde délicieux narrant les paradoxes de son temps. Plutôt que de faire « quelque chose de bien », Valentin de son vrai nom, tente de faire « autre chose de pas mal ». Sourire en coin, tension ambiguë, punchlines dévastatrices, il convie son public à un grand chambard du second degré, à une prise de recul rigolarde face à l’insignifiance de nos quotidiens. Un putain de bien fou.

Regardez Eurotrap de Vald à Marsatac.

Les légendaires De La Soul

Autre grand évènement du premier soir. Bien plus grand à mon goût que la Fonky Family. De La Soul n’a rien perdu de sa superbe. Le trio formé par Posdnous, Trugoy The Dove et Pasemaster Mase s’unit à la fin des années 80 à Long Island. Depuis, ils sont entré au panthéon de la musique américaine à l’instar d’A Tribe Called Quest. Pour l’influence qu’ils ont eu sur l’essor du jazz rap et surtout grâce à leurs samples aussi étranges que divers et bien sûr à leurs textes parfois surréalistes. Insaisissable, humour cinglant, tout était à la hauteur dans ce live parfois pourri par des problèmes de sons. Malheureusement, le Grand Palais s’était bien vidé après la Fonky Family. Tant pis pour eux. Ils auront manqué l’inloupable. De ce que me racontait Dro, Marsatac avait déjà eu l’occasion d’inviter De La Soul par le passé et même d’accueillir leur side project First Serve, mais cette fois-ci c’était différent car attention mesdames et messieurs, De La Soul était accompagné d’un live band magistral. Neuf musiciens de grand talent pour accompagner le meilleur du Hip Hop West Coast.

Nicolas Jaar pour une nuit lumineuse, pas loin des étoiles

Longtemps j’aurai boudé Nicolas Jaar. Selon moi, jamais à la hauteur de ses productions, souvent ses prestations manquaient le gros quelque chose qui pouvaient déclencher la fête. Sans trop savoir pourquoi, j’avais toujours cette impression d’être en décalage avec une foule dansant et heureuse, alors que personnellement Nicolas envoyait mou du genou. Sa prestation à Marsatac aura eu raison de mes inquiétudes et turpitudes. D’autant qu’il n’est pas venu seul à Marseille. Tellement heureux et flattés d’avoir Nicolas Jaar à leurs côtés, le festival avait même imaginé un plateau complet, en collaboration avec l’artiste, pour une nuit unique dans un cadre entièrement pensé pour l’occasion. Actress, Powell ou Roman Flügel, autour de Nicolas Jaar pour une expérience de clubbing puissante, intelligente et inédite. Quel dommage d’avoir du jongler entre ce dernier et De La Soul…

Si Nicolas Jaar était resté muet ou presque depuis son projet Darkside, il était enfin de retour fin 2016 avec un digne successeur à Space Is Only Noise sorti en 2011. Sirens, son splendide deuxième album solo, qui mélange psychédélisme électronique, rythmes latins, bases rockeuses, silences, et synthétismes lounges, a été encensé par la critique à juste titre. On est subjugué une nouvelle fois par sa capacité à mélanger les influences. Les éléments viennent se superposer et se porter, se compléter, s’imbriquer parfaitement pour solliciter tous nos sens, nous parler d’histoire et de beauté, le tout avec une aisance déconcertante. En live, Nicolas Jaar œuvre dans l’ombre, laissant la lumière à sa musique, polissant chacun de ses titres avec une intelligence rare, injectant dans chacune de ses mélodies ses innombrables influences pour enfin se révéler en pleine lumière et nous embarquer vers des contrées sublimes. Un moment de grâce.

Une autre vision de Marsatac et de Marseille illustrée par Lou

Si vous n’aimez pas mes gifs, j’espère que vous aimerez les dessins de Lou. Vous pouvez suivre ses dessins chaque matin sur son Instagram Tiny Morning Sketch.

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Marseille 3 Marsatac jour 1

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