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Wonder.land : Alice au pays des pixels

Jamais à une idée loufoque près, Damon Albarn s’est lancé dans l’adaptation du roman fantastique Alice au Pays des Merveilles, à l’ère des réseaux sociaux et des jeux vidéo. Une ambition casse gueule pour un résultat très décevant.

Les premières minutes ne sont guère rassurantes. Succession de clichés éculés (“Facebook & Cie c’est juste un ramassis de gossips et de méchanceté”, quelque chose dans ce goût-là), cette introduction à cette nouvelle version de l’histoire de Lewis Carroll laisse planer un doute : le chanteur de Blur aurait-il eu les yeux plus gros que le ventre, en voulant marier l’ancien et le moderne dans un conte pop trop ambitieux et coloré, ou tout simplement, l’esprit à côté de la plaque ? La réponse est dans cette histoire étirée, de toute évidence trop longue (le père est bien trop présent à de nombreuses reprises sans jamais avoir la moindre implication dans l’histoire), et la monotonie de cette musique qui ne prend jamais réellement son envol. La première réponse donc. Les yeux plus gros que le ventre.

Le principal problème de ce Wonder.land réside dans son approche de l’histoire : ici, Alice ne vit pas ses aventures, c’est son avatar qui évolue dans un monde numérique entre le réseau social et le jeu vidéo, et qui va donc côtoyer un chat de pixels, des zombies au sang vert. Dans la réalité, la jeune Alice a pour ennemie… Une directrice de lycée un peu méchante. On a connu plus dangereux, plus engageant pour le spectateur. Ces péripéties n’ont donc, finalement, que peu d’enjeu, puisque cette créature n’existe pas, et que dans le monde réel, le seul but du personnage principal sera de récupérer son smartphone des mains de la principale (qui décidera de devenir, en ligne, la Reine). Risible, d’autant plus que visuellement, nous n’avons que de trop rares occasions de nous émerveiller (le dernier acte, celui qui fait office de boss final, étant cependant une véritable merveille).

A trop vouloir jouer avec les codes de notre époque, Albarn s’embrouille, et en oublie l’essentiel : l’empathie. S’il nous arrive de verser une larme face au décès d’un personnage de jeu vidéo, c’est parce que nous avons passé une trentaine d’heures en sa compagnie, que nous l’avons accompagné, que nous avons en quelque sorte grandi avec lui. Alice, ici, est une adolescente tourmentée (les filles sont méchantes avec elle et ses parents sont divorcés) qui décide de devenir cool sur Second Life. Les plus jeunes se reconnaîtront peut-être dans cette relecture des choses. Les autres auront le droit de trouver cela un peu débile.

Wonder.land jusqu’au 16 juin au Théâtre du Châtelet.
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