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Un artiste chinois très en vogue à Pékin s’est révélé être… un Français

C’est une carrière bâtie sur une imposture insolite. Pendant dix ans, l’artiste Alexandre Ouairy s’est fait passer pour Tao Hongjing, un artiste chinois, dupant alors tout le marché de l’art contemporain. Ce Nantais formé aux beaux-arts de Grenoble a vu le prix de ses oeuvres explosé suite à cette nouvelle identité. Opportuniste ou génie ? A vous de voir.

Certain diront qu’Alexandre Ouairy est un opportuniste menteur, d’autres diront de lui que c’est un petit génie de l’art contemporain, une véritable performance. En tout cas, son histoire est peu banale. Formé aux beaux-arts de Grenoble, ce Français d’origine nantaise s’est fabriqué une fausse identité pour mieux vendre ses oeuvres. Pendant une dizaine d’année, il s’est fait passer pour Tao Hongjing, un artiste chinois venant de Pékin. Pourquoi ? Parce que dans le Shanghaï des années 2000, les artistes chinois, valeurs montantes, monopolisaient les regards. “Les collectionneurs étaient surtout étrangers, et ils voulaient acheter chinois car pour eux c’était un bon investissement.” Après avoir vendu ses oeuvres à des prix de plus en plus élevées sous ce pseudonyme chinois, Alexandre Ouairy a décidé de lever le masque la semaine dernière. Alors que s’ouvre à Pékin sa nouvelle exposition, sous son ancien nom d’emprunt, il assure que sa démarche était une blague, un déclic de survie à un moment où sa vie artistique n’était pas au mieux.

En 2005, le marché de l’art contemporain chinois décolle et le Nantais vivant à Shanghaï a ce déclic : avec le galeriste chinois qui l’expose, il cisèle la biographie imaginaire de l’artiste fictif, mélange de leurs deux vies, et lui attribuent un nom. Tao Hongjing est né : “C’est inspiré d’un philosophe chinois des 4e et 5e siècle, qui était assez blagueur. C’est comme cette idée de pseudo : pour moi, c’était une blague”. Et cela fonctionne. Cela fonctionne tellement bien que du jour au lendemain, le succès est au rendez-vous. Ses créations qui ne valaient pas grand chose avant suscitent d’un coup la frénésie du marché. “On vendait une ou deux œuvres par mois, contre une ou deux par exposition avant”. En dix ans, le prix de ses œuvres explose littéralement. Ses sculptures en céramique se monnayent 29.000€ désormais, bien plus que les 220€ de ses débuts. Et Alexandre Ouairy s’amuse à se rendre incognito à ses propres vernissages qui sont à chaque fois un petit évènement. La presse et les professionnels n’y ont vu que du feu. “On était un peu embêté lors des demandes d’interviews, donc on faisait ça par téléphone. Et mon galeriste chinois répondait à ma place”, s’amuse encore le Français.

Reste à savoir si ces oeuvres connaitront le même succès maintenant que le monde de l’art contemporain connait sa véritable identité. De bonnes raisons à croire que cela ne changera pas grand chose. Au moins, ils peuvent reconnaître la performance artistique. En attendant, certainement, que cette histoire se retrouvera demain au cinéma.

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