C’était court mais bon. La Villette a vibré aux rythmes de son iconique festival musical du Printemps, j’ai nommé Villette Sonique. Une belle récréation champêtre le temps du week-end de la Pentecôte, une bulle dans Paris grâce à l’immensité du parc, un moment idéal pour découvrir la crème de la scène indie, expérimentale et underground du moment : Thee Oh Sees, Clark, Cheveu, Ausmuteants, Ought, j’en passe et des meilleurs. En tant que partenaire pour la première année, Greenroom m’y a convié et je vous raconte toutes mes festivités. Un bel anniversaire pour les 10 ans de Villette Sonique.

Le shoot de tendresse Kevin Morby

Il existe deux team tendresse actuellement dans le songwriting américain. D’un côté le roi Mac DeMarco, de l’autre le Prince Kevin Morby. Personnellement, je fais parti de ces deux teams. Démarrer ma Villette Sonique avec Kevin fut la meilleure des idées. La mélancolie intemporelle de Kevin Morby a résonné avec douceur dans l’immensité de la Grande Halle. Son songwriting au classicisme imparable séduit. Sans trop faire, sans trop donner, juste ce qu’il faut pour se mettre dans la danse. D’un côté, ça fredonne, ça se dandine, ça prend l’apéro, les drogués de la tendresse sont aux anges. De l’autre, certains Anglais sont déjà au plus haut de leur joie à gueuler et à chanter le plus fortement possible en choeur. Pointant au ciel leur doigt et leur verres, leur bière étant plus à leurs pieds. Il est même pas 20h. La soirée s’annonce belle.

Ecoutez Kevin Morby et lisez la chronique de son dernier album Still Life.

La découverte et la claque Ausmuteants

De loin, le meilleur concert de cette Villette Sonique. La meilleure découverte cette année sur scène. Férus de punk synthétique ? Vous trouverez sans peine votre compte avec le gang australien Ausmuteants. Fils spirituels de Devo, Chrome et The Deadboys, les sales gosses ne sont pas là pour faire la révolution mais juste pour passer du bon temps. Avec ou sans vous. Et voilà que ça balance sec des vannes sur scène, que ça s’engueule, que ça fait le théâtre. Ils découvrent le micro sans fil et ça les amuse. Ils se foutent des Français et de leur tecktonik. Et ce n’est pas pour déplaire. Côté musique, c’est un instantané qui fonce dans le mur avec le sourire de ceux qui n’ont rien à perdre. Clavier façon jeux vidéo 16 bit, guitare et basse façon sulfateuse, batterie façon marteau-piqueur. Ausmuteants, c’est pire qu’un David Douillet. Ils ont l’air gentil tout plein comme ça, mais quand ils te chopent…

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Le micro en prend une violente dans la gueule..
Le micro en prend une violente dans la gueule..

Le retour en force de Thee Oh Sees

Après la furie Ausmuteants, difficile de passer aux Gories. Bien que le trio soit une légende de la scène garage, l’envie est plutôt à Thee Oh Sees. Bien que leur musique soit bien sous toutes les coutures, je décide de prendre un peu l’air. Je regrette encore, mais bon.

Alors comment va John Dwyer ? Ecoutez, il va plutôt bien. Passé le moment psyché, le héros du garage mondial revient en force avec sa bande et Mutilator Defeated At Last. Meilleur groupe garage du monde, voire meilleur groupe tout court pour certains, Thee Oh Sees a écrit sa légende à coup d’albums impeccables et de concerts incendiaires. Après un court hiatus, un album solo et le retour de ses mythiques Coachwhips à Villette Sonique l’année passée, John Dwyer, véritable gourou rock, a formé un nouveau line up et repart à la conquête du monde. 1 John Dwyer, 2 batteries et 1 basse, que demande le peuple ? L’énergie est décuplée et le futur radieux. Tous les tubes de John Dwyer bombardent la scène. Il faut dire qu’il a l’embarras du choix avec sa quinzaine d’album à son actif. Dans son coin, le chaman s’exécute sans complexe. Ca transpire sec dans son marcel à bande et short des grands soirs. John Dwyer est vénéré par la foule, comme hypnotisée par ses évangiles. Ca pogote sec, ça se chamaille, on regrettera simplement la bande de con montant sur scène, stagnant pour se prendre en selfie ou danser la lambada devant le Roi John. C’était le moment gênant du rock Zadig et Voltaire. Même que Dan Kroha des Gories, à côté de moi, était bien d’accord, et ouais. Bref, un live dantesque, mis trop souvent en pause par ces cons, mais un putain de grand show. La Grande Halle de la Villette a bien eu du mal à s’en remettre de cette première grande soirée rock. Avec John Dwyer en père fondateur, le garage d’aujourd’hui se porte très très bien. Retour sonné, la tête dans les étoiles !

Ecoutez Thee Oh Sees et lisez la chronique de Mutilator Defeated At Last

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C’est pas bien de tirer la langue, mais on pardonne tout à John Dwyer <3

Revivez les concerts de cette première soirée à la Grande Halle


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