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Rock en Seine 24 août – Un programme chargé en émotion

Deuxième jour de Rock en Seine et une belle envie de profiter de ce samedi bien chargé. Flasque dans la poche, je suis ultra-motivé pour découvrir Eugène McGuinness, Wavves, Fritz Kalkbrenner et Nine Inch Nails en live, mais aussi revoir Phoenix, Fauve, Jackson and His Computer Band, JC Satàn, La Femme et Vitalic. Gros programme et embouteillage en perspective donc.

Eugène McGuinness réalise un faux départ

16h40. Fier de moi, j’arrive relativement tôt sur site. La deuxième journée de Rock en Seine commence en plein concert de Eugène McGuinness. Acclamé par la critique, Eugene McGuinness fait preuve d’un réel talent pour confectionner des mélodies pop imparables, mais sur la Grande Scène l’irlandais parait tout petit malgré l’effort de bien faire. Le décalage est trop grand entre l’immobilité du public et les chansons beaucoup trop tubesques. Eugène porte mal son nom, aucune saveur. A moins que je ne sois pas encore bien réveillé de ma sieste grasse comme Axl Rose. Je vous laisse juger par vous même, je vais me réécouter l’album The Invitation To The Voyage plutôt.

JC Satàn met en déroute le café triple sec

17h10. JC Satàn était la belle découverte de mes Eurockéennes, forcément que je vais les retrouver sur la Scène de l’Industrie ! Les Bordelais ont la solide étiquette du garage rugueux à défendre aujourd’hui. En live, JC Satàn ne prend pas seulement possession de la scène mais aussi de votre corps. La guitare galope et s’énerve, la batterie fracasse, la basse groove, la voix hurle et la bouteille de Jack se vide. Ca transpire. Ca rigole. Leur univers et l’énergie si particulière font mouche. Les pogoteurs se font plaisir encore une fois. Bordeaux peut être fier. Rien à dire, JC Satàn est bel et bien ce qu’il se fait de mieux dans le rock français actuellement. Ca chatouille où il faut et ça réveille bien !

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La Femme est bonne

17h55. Réveillé et flasque déjà vidée, direction la Scène de la Cascade pour abuser de La Femme. 20 ans en moyenne, mais déjà beaucoup de salles en France, en Europe et aux Etats-Unis. Ces sales gosses ont une solide expérience. Mêlant surf pop et cold-wave, électro et rock, le tout avec une touche de rococo Bauhaus, l’indie rock de La Femme est en perpétuelle évolution. Sur scène, La Femme met un peu de temps à se chauffer, mais quand elle est chaude, elle est bien bonne. Les tubes Nous étions deux, La Femme, Paris 2012, Sur la planche, Welcome America font danser l’immense foule venue les acclamer. Forcément, Antitaxi prend une saveur particulière à Rock en Seine, les vrais festivaliers tardifs me comprennent. Et bravo à Sasha qui a tenu parole en surfant littéralement sur la foule au son d’un deuxième Sur la planche en rappel ! Efficace et pas cher, c’est La Femme que je préfère.

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Black Rebel Motorcycle Club pour un rock sans concession

18h30. Retour sur la Grande Scène afin de retrouver une valeur sûre : Black Rebel Motorcycle Club. Contrairement à d’habitude, le mur Marshall n’est pas en place. Dommage. Ca faisait quand même son petit effet aux Eurockéennes. Black Rebel Motorcycle Club, c’est du rock sans concessions normalement :( Heureusement que sur scène, je retrouve la même sensation. Un rock rebel, habité, sombre et poisseux. Idéal pour continuer la fête et garder le sourire. Faites vous du bien aussi avec les guitares saturés, stridentes et distordues de Black Rebel Motorcycle Club à la suite :

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Wavves fait chavirer Pression Live

19h40. L’heure de l’apéro du côté de Pression Live. Wavves est à l’origine le projet du guitariste et chanteur californien Nathan Williams. Ironie volontaire : celui-ci a baptisé ainsi son groupe d’après sa peur des vagues de l’océan. Ironie encore, le dernier opus King Of The Beach sorti en 2010 déploie haut et fort un surf-rock convoquant les influences croisées de la noisy pop des 90’s et du grunge. Pavement et Dinosaur Jr peuvent être fiers. Vague de plaisir, l’énergie décomplexée de Wavves sur scène a littéralement fait chavirer le public.

Nine Inch Nails et mon incompréhension

20h40. La nouvelle est tombée le 25 février dernier sur internet via un communiqué de Trent Reznor, tête pensante et seul membre officiel de Nine Inch Nails : le groupe emblématique de rock industriel des années 90 revient sur scène pour une tournée mondiale qui débutera cet été. Et avec une date unique en France pour Rock en Seine. Armé d’une toute nouvelle formation, le Nine Inch Nails de Trent Reznor est le premier gros évènement de cette journée. Evènement pour les fans de musique industrielle bien sûr, parce que de mon côté je reste dubitatif face à ce mur sonore. Ok, le talent est là, la mise en scène est grande, la musique tape mais difficile d’être emporté. Frustré, je fonce au bar. Et je rejoins les copains pour le show Jackson and His Computer Band.

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Jackson, Vitalic et gros beat électro

20h55. Jackson vu lui aussi aux Eurockéennes, je me devais de retourner le vivre à Rock en Seine. Avec son premier album Smash sorti en 2005, Jackson avait déjà frappé fort grâce à son acid-house qui prend aux tripes. Il revient encore plus fort cette rentrée avec son nouvel album GlowFigure trop méconnue et pourtant emblématique de la French Touch, Jackson est un adepte d’une acid-house expérimentale aux ambiances symphoniques mâtinées de funk et de hard rock. Il pratique une dance music transgenre inclassable, entre electronica et hip hop. Sa prestation sur la Scène de l’Industrie était tout ça à la fois, d’une élégance rare encore. Foncez le voir !

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22h. Heureux, je continue le périple électro du côté de la Scène de la Cascade avec les copains. Derrière le pseudo de Vitalic se cache le DJ et producteur français Pascal Arbez, fondateur du label Citizen Records, autant dire que ça va claquer vénère aussi. Au fil de ses albums, Vitalic a su s’imposer comme un authentique défricheur de la musique électro : il mixe habilement sonorités technos, house, rock et disco pour définir son propre son à base de synthés et voix trafiquées, le tout mis en scène grâce à un impressionnant jeu de lumières et une structure à écrans conçue par 1024 Architecture. La fête donc ! La preuve en vidéo :

Juste en passant, Vitalic sera présent à la Nuit SFR Live du Grand Palais le 21 septembre. On s’y croise ?

Phoenix en roue libre

23h. L’heure des choix. A trois endroits différents et au même moment, nous avons à dispo Phoenix sur la Grande Scène, Fritz Kalkbrenner sur la Scène de l’Industrie et Fauve sur Pression Live. Messieurs les organisateurs de Rock en Seine, vous êtes cruels !

Commençons par Phoenix alors. Les Versaillais reviennent enfin à Rock en Seine où ils sont très attendus vu l’immense foule devant la Grande Scène. Tête d’affiche assumée, ils arrivent en voiturette électrique comme les grands. Energique dès les premières notes, Phoenix exprime une joie intense d’être sur la Grande Scène. Même que Thomas Mars s’offre un bain de foule dès le troisième titre. Phoenix, c’est beau en live. Depuis la Cigale et les Eurockéennes (encore !), je n’ai plus aucun doute sur ce point. Le groupe transpire une classe folle. Leurs ritournelles pop jouées façon rock en live sont magnifiées grâce à une alchimie parfaite entre rythmiques compressées, guitares vintages, synthés glacés et cadences funk. Mais bon, j’ai comme l’impression que le groupe est en roue libre, rien de bien neuf à part des “Ca va Paris ?” … De plus, la rumeur *les Daft Punk seraient là pour monter sur scène* enfle et me gonfle, direction Fauve.

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Fauve vainqueur par KO

23h30. Sur le chemin de Fauve, je m’arrête quelques minutes devant Fritz Kalkbrenner. Frère du copain de la veille, le Fritz a lui aussi le talent pour réconcillier sonorité hip hop, soul et house. Un set groovy à souhait, mais bon Fauve quand même. Alors, je fonce à Pression Live.

Ce collectif français est sans trop le savoir une autre tête d’affiche du festival. Tout au long de la journée, je pouvais voir aux côtés des tshirt NIN et Phoenix, les tshirts de Fauve. Impressionnant de voir que Fauve si mystérieux soit monté aussi haut en si peu de temps. 5 Flèche d’Or pleines, un Bataclan rempli en 2 jours, forcément la scène Pression Live est noire de monde. 6 000 personnes au minimum me dit-on ! “On ne vous attendait pas aussi nombreux, on ne vous en aurait pas voulu d’être resté voir Phoenix”, lance timidement Quentin (chanteur) avant de balancer ses uppercuts. Haut les cœurs, 4 000 ÎlesBlizzard, Nuits fauves, Kané et aussi leurs nouveaux titres exclusifs aux lives sont repris en coeur par le jeune public, appréciés par les plus vieux. Pop-électro minimaliste, paroles acerbes scandés par un phrasé entre slam et rap, les morceaux de Fauve dressent le constat d’une génération, transpirent un sentiment viscéral d’insatisfaction et d’urgence. Percutant, déroutant, Fauve ne peut que vous prendre l’âme et les tripes. Des concerts de Fauve, j’en ai vu, mais celui-là est mémorable !

“C’est un peu mystique pour nous ce soir parce que c’est notre dernier concert : la semaine prochaine nous entrons en studio pour enregistrer notre album”. Ovation du public, qui tient bon malgré les premières gouttes de pluie. “Nique sa mère le Blizzard et nique sa mère la pluie”. Formidable, encore une fois !

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