Les Parisiens avaient eu la chance de pouvoir visiter Chroniques Parallèles au Palais de Tokyo, à Paris, il y a quelques mois. C’est au tour des Marseillais de réveiller leur sens à La Friche la Belle de Mai. Les lauréats Audi talents 2017, Anne Horel, Emmanuel Lagarrigue, Hugo L’ahelec et Eric Minh Cuong Castaing exposent jusqu’au 14 octobre leurs travaux. Entre théâtre et arts plastiques, arts numériques et performances, vidéos et cabinet de curiosité, les quatre artistes proposent quatre regards singuliers et sensibles sur notre temps. Une proposition possible grâce à l’accompagnement d’Audi Talents.

Je parle beaucoup de musique à Paris par ici, mais une fois n’est pas coutume, parlons d’arts contemporain à Marseille, et d’une friche aussi belle en mai que toute l’année. Hier usine de la Seita, aujourd’hui lieu de création et d’innovation, la Friche la Belle de Mai est à la fois un espace de travail pour ses 70 structures résidentes (400 artistes et producteurs qui y travaillent quotidiennement) et un lieu de diffusion (600 propositions artistiques publiques par an, de l’atelier jeune public aux plus grands festivals). Avec près de 400 000 visiteurs par an, la Friche la Belle de Mai est un espace public multiple où se côtoient une aire de jeux et de sport, un restaurant, 5 salles de spectacles et de concert, des jardins partagés, une librairie, une crèche, 2400 m2 d’espaces d’exposition, un toit terrasse de 8000 m2, un centre de formation. Bref, un lieu unique où le culturel croise l’urbain. Où toutes les formes d’expressions artistiques s’y croisent et s’y retrouvent. Toutes les tendances. Toutes les générations. La découverte, la rencontre, le débat, l’inattendu sont à tous les coins de rues de ce bout de ville haut en couleur. Et je remercie Audi de m’avoir invité à découvrir ce lieu incroyable à travers son exposition Chronique Parallèles.

Chronique Parallèles présente les projets des lauréats Audi talents 2017 : Emmanuel Lagarrigue, Anne Horel, Hugo L’ahelec et Eric Minh Cuong Castaing.

Ces quatre démarches artistes proposent une lecture insolite de sujets qui touchent chacun d’entre nous : notre relation aux autres et aux nouvelles technologies, notre voisinage avec la mort souvent exclue des medias contemporains, ainsi que le regard que nous portons sur des corps affaiblis et différents dans un monde où la beauté est un standard ‘photoshopé’. Le parcours d’exposition invite le spectateur à devenir le point de liaison de ces justement titrées « chroniques parallèles ». En exposition jusqu’au 14 octobre à la Friche La Belle de Mai.

Elus par un jury constitué de professionnels du monde de la culture, les lauréats ont développé sur près d’un an leur projet artistique, en bénéficiant des moyens de production offerts par le programme Audi Talents. Leur démarche et leurs pratiques sont très différentes et n’ont, au premier abord, rien en commun. En effet, Audi Talents distingue des projets artistiques avant-gardistes sans imposer de thématiques préalable et laisse les candidats entièrement libres des sujets qu’ils abordent et des techniques qu’ils utilisent.

Regards kaléidoscopiques sur notre temps, expériences à vivre, installations immersives, Chroniques Parallèles des lauréats Audi talents 2017 dessinent ainsi les contours hybrides d’une création contemporaine vive. Après une première exposition au Palais de Tokyo du 22 juin au 14 juillet 2018, elles sont présentées à La Friche la Belle de Mai, à Marseille, jusqu’au 14 octobre. Dans leur face à face, les quatre projets révèlent des territoires communs, en particulier ce besoin exprimé par les créateurs actuels d’atteindre et de dépasser les limites de leur medium.

Dans electronic city, Emmanuel Lagarrigue, dont le travail est souvent adossé à une exploration plastique du langage, a voulu transposer la pièce de Falk Richter dans l’espace et le temps de l’exposition : plutôt qu’une confrontation « classique » entre des spectateurs et une scène, le public est ici invité à entrer au cœur de la scénographie, déambulant librement au milieu de l’œuvre.

Dans ://[aʃtag], Anne Horel, qui se définit elle-même comme une « artiste des réseaux sociaux », a choisi de mettre en scène dans une forme d’abécédaire les messages et les créations d’artistes digitaux auxquels elle a confié le soin de nous donner leur singulière perception du monde.

Le plasticien Hugo L’ahelec développe dans The Death Show une série de sculptures et d’installations ayant pour thème l’apparente dualité entre le rituel et le spectacle, dans une ambitieuse entreprise de mise en scène contemporaine de la mort.

Enfin, le chorégraphe Eric Minh Cuong Castaing nous présente dans L’Âge d’Or, un film saisissant retraçant l’aventure chorégraphique dans laquelle il a rendu possible, durant de nombreux mois, la rencontre entre des danseurs professionnels et des enfants handicapés.