Ne croyez pas que Shame fasse de la musique douce comme des agneaux. La pochette de leur premier album joue le jeu de mouton dans les bras, mais les cinq garnements de Shame n’auront aucune honte à martyriser leur guitare, batterie et voix pour nous offrir la claque post-punk du moment. Songs of Praise rend un furieux hommage au rock londonien de la fin des 70 qu’on pensait ringardisé à tout jamais. Merci à eux.

Évènement et petit claque de la dernière Route du Rock Hiver, Shame sort enfin son tout premier album. Sans aucun doute l’un des groupes les plus excitants de la scène britannique actuelle, du point de vue de beaucoup de monde, je suis pas le seul à leur faire des louanges à force de les voir sur scène. Justement leur album s’appelle Songs of Praise, et bien évidemment pas grand chose de religieux là-dedans.

Il y a un an, on ignorait presque tout d’eux. Encore aujourd’hui d’ailleurs, comme l’impression qu’ils aiment brouiller les pistes. De toute façon, le plus important réside dans leur énergie juvénile et ce post-punk parfois crasseux qui fait tellement de bien à entendre. Shame aime surprendre et se la joue spontanée. Notamment sur scène. Bien malheureux ceux qui ne les ont pas encore vu en France du coup. Route du Rock, We Love Green et Carbourg Mon Amour entre autre. 2017 était sans contexte l’année de la découverte. 2018 sera forcément l’année de la consécration et le début de quelque chose de grand. « This is how it start » comme l’introduisait crânement Charlie Steen avec The Lick. Morceau tout en tension et distorsion de ces hirsutes d’Anglais comme on peut en tomber si facilement amoureux dès les premières mesures. Voilà ce genre d’introduction parfaite dans un univers malsain, dangereux, incandescent en tout point. L’Angleterre n’en a clairement pas fini avec les sales gosses adeptes de rock fiévreux. Et c’est tant mieux. La preuve avec Songs of Praise.

Allumer le feu

Composé du chanteur Charlie Steen, des guitaristes Sean Coyle-Smith et Eddie Green, du bassiste Josh Finerty et du batteur Charlie Forbes, Shame nous vient tout droit de Londres. Groupe d’école qui ne cesse de grandir au fur et à mesure de leur scène furieuse. Et du bricolage des débuts, il faut croire que les cinq garnements ont bien grandis ces derniers mois.

Citant Eddy Current Suppression Ring et The Fall parmi leurs plus grandes influences musicales, on comprend où veut en venir Shame. Utilisant à la fois le grain et la sincérité de cet arrière-plan musical, Shame s’est d’abord facilement taillée une place dans la scène musicale du sud de Londres et s’est ensuite propulsée sans crainte dans le post-punk anguleux et déchaîné qui compose aujourd’hui Songs of Praise, leur premier album sorti chez Dead Oceans. Des guitares abrasives et atonales aux paroles barbelées, tout est présent et sonne particulièrement bon. Fabuleusement énergique, ce premier album rappelle aux doux souvenirs des albums londoniens de la fin des années 70. Une époque qu’on pensait révolue où la musique était nerveuse, rageuse et s’enflammée de toutes parts. Songs of Praise rend hommage à ces groupes et ces Dieux d’un rock qu’on pensait ringardisé. À défaut de le réinventer, Shame chante un renouveau et propose des hymnes d’aujourd’hui. Difficile de ne pas être impressionné par la qualité de Concrete, One Rizla ou Angie. Comment du coup ne pas leur souhaiter tout le succès qu’ils méritent à ces cinq nouveau diables du rock anglais. Tant qu’ils nous amusent, qu’ils restent insouciants et qu’ils ne sont pas tentés par un rock plus consensuel. Fat White Family est mort, vive Shame !

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L’album Songs of Praise de Shame est sorti le 12 janvier 2018 chez Dead Oceans, s’écoute à la suite sur Spotify et Deezer et s’achète sur Bandcamp, entre autre.

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