Voilà un an déjà que Enrique Chiu avec un collectif d’artistes se sont décidés de peindre sur le mur qui délimite la frontière entre Tijuana et San Diego. Petit à petit, ce qui a démarré comme un projet d’embellissement est devenu un symbole fort de solidarité, de paix et de fraternité sous la Présidence de Donald Trump.

Durant sa campagne présidentielle, Donald Trump avait promis un mur pour séparer les États-Unis du Mexique. « A big, beautiful wall » de 10 mètres de haut le long des 3 201km de frontière. Alors que le projet s’est précisé au fil des mois et que des entreprises américaines sont bien décidés à remporter le jackpot, de l’autre côté de la frontière, un artiste mexicain a lancé une initiative pas comme les autres : peindre la plus grande fresque entre les deux pays. Ce symbole de fracture entre les deux nations est devenu petit à petit symbole de fraternité et de paix.

D’origine mexicaine, Enrique Chiu est un artiste californien qui souhaite interpeller la société par ses peintures. Il s’est alors lancé dans un projet artistique sur la frontière il y a un an. À l’époque, il parlait de sa fresque comme « un projet communautaire qui va unir des familles, des organisations humanitaires et des artistes. Même des gens qui ne sont pas du monde de l’art peuvent participer, pour montrer notre espoir qu’un jour la réunion des proches qui habitent de chaque côté de la frontière puisse devenir une réalité. » Aujourd’hui, sa fresque continue de grandir et  a pris un souffle nouveau en décembre. Avec l’idée de détenir bientôt un record du monde.

Actuellement, la plus grande peinture murale en plein air au monde, selon le Livre Guinness des records, se trouve à Pueblo Levee, dans le Colorado. Commencée dans les années 70 par des étudiants de l’Université du Colorado, elle mesure aujourd’hui près de 5km. Une longueur que souhaite bien dépasser Enrique Chiu. En réalité, il aimerait prolonger vers l’Est son projet actuel qu’il a débuté sur une portion de mur-frontière à Tijuana, sa ville natale.

À lire aussi ☞  1000 personnes ont été invitées à identifier des logos célèbres de culture pop, et les résultats sont surprenants

Au départ, l’idée était simplement de redonner un coup de neuf et des couleurs à ce vieux mur. « Le mur est rouillé et sale », a déclaré Enrique Chiu dans une interview téléphonique à Artnet. « Ils ne font jamais de maintenance. Je voulais l’embellir pour redonner quelque chose à la communauté. » Ce qui a démarré comme un projet d’embellissement est devenu un symbole fort de solidarité, de paix et de fraternité sous la Présidence de Donald Trump.

En décembre dernier et grâce aux réseaux sociaux, Enrique Chiu a réuni des artistes venus du monde entier et des membres de la communauté environnante autour de son projet intitulé « Fresque de la fraternité ». Faisant appel à plus de 2 600 volontaires pour peindre des messages inspirants sur le côté mexicain de la frontière appartenant aux États-Unis. On s’attend à ce que toute la peinture murale s’étire sur plus d’un kilomètre à Tijuana et que les travées soient plus courtes à Tecate, Mexicali, Ciudad Juarez, Naco et Reynosa. L’objectif est de battre le record mondial de la plus longue fresque murale et de créer ainsi une réponse artistique à la politique nationaliste et anti-immigration de Trump.

Bien que ce nouveau mur n’est pas encore certain, Enrique Chiu se dit prêt malgré tout. « Si Trump me donne une toile, je veux la peindre ».

Servi d’abord chez Inhabitat.