Pour leur troisième album Popular Manipulations, The Districts révèlent la douceur rock de l’indie du milieu des années 2000, affichant une nouvelle profondeur émotionnelle à leur musique.

Rob Grote, guitariste et chanteur, Mark Larson, guitariste, Connor Jacobus, bassiste, et Braden Lawrence, batteur, font connaissance à l’école primaire, dans la petite ville de Lititz en Pennsylvanie. En 2009, ces quatre amis décident de monter The Districts. Le groupe de lycée grandit devant le public et tournent beaucoup dans la région. Ils sortent un tas de titres très prometteurs (dont ceux de leur tout premier album Telephone en 2012), et finissent par attirer l’attention du label maître de l’indé Fat Possum en 2013.

En chemin, Mark Larson quitte le groupe et Pat Cassidy le remplace à la volée, et ils se mettent à travailler de plus en plus avec John Congleton (producteur d’enregistrements de St. Vincent et Cloud Nothings, entre autres), qui a enregistré leur deuxième album A Flourish and A Spoil de 2015. Une consécration pour le groupe. Entre deux albums, les musiciens ont souvent tendance à évoluer, à grandir, mais à ce niveau-là, The Districts battent tous les records. Popular Manipulations, le troisième album du groupe, représente une avancée exponentielle en termes de son et de cohésion, un projet d’envergure qui menace de tout emporter sur son passage.

The Districts est ce genre de groupe qui ne s’arrête jamais. Popular Manipulations représente parfaitement combien Robby, Braden, Connor et Pat ont grandi, individuellement et en tant que groupe. Ils sont tombés amoureux, puis ont eu le cœur brisé, et finalement ils se sont relevés. Ils ne sont plus un groupe de jeunes, ils sont sortis de leur zone de confort et ont affronté des choses bien plus grandes qu’eux.

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Le son intense caractéristique de Popular Manipulations – guitares puissantes, batterie fracassante, voix toujours plus éclatante et impressionnante de Grote – vient de quelques influences avérées, du tourbillon agressif du shoegaze à l’impeccable son rock du Velvet Underground. The Districts plonge la tête la première dans l’indie rock du milieu des années 2000. Il y a également une saveur canadienne dans ce rock indé : on peut penser au travail riche et énigmatique de Spencer Krug sur Wolf Parade et son projet Sunset Rubdown, ainsi qu’aux Diableros, groupe de Toronto, et leur pépite trop méconnue de 2006 You Can’t Break the Strings in Our Olympic Hearts.

Popular Manipulations, c’est la vie de The Districts d’aujourd’hui. Cette vie qui pourrait très bien ressemblait à la votre par ailleurs. Robby s’arrache à sa poitrine pour complimenter la guitare chantante de Pat, tandis que Braden et Connor ferment le tout avec un rythme à couper au couteau. Les chansons sont si viscérales et envoûtantes qu’elles nous font apprécier de ressentir chaque émotion simultanément. On peut avancer dans la jungle des thèmes de la manipulation, de la possessivité et de l’anxiété dans les paroles, ou flotter parmi leurs arrangements sombres et langoureux. Chacune des chansons existe par elle-même, mais la synergie entre elles est réellement explosive.

Popular Manipulations de The Districts est sorti le 11 août 2017 chez Fat Possum Records et il s’écoute à la suite du Bandcamp, Spotify et Deezer.

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