On n’avait pas vu pareil révélation dans la chanson française depuis longtemps. En 2016, elle a été victorieuse aux Inouïs du Printemps de Bourges, lauréate du Fair, chargée par les Transmusicales de Rennes de leur création annuelle… Et à écouter son si singulier premier album À Ta Merci, Fishbach sera partout encore et plus fort en 2017, forcément. Entre cold-wave rageur et pop dansante, Fishbach fascine.  

Révélée il y a tout juste un an avec l’intense single Mortel, Fishbach impose d’emblée une voix hors-norme, à la fois déroutante et familière. Depuis, cette jeune Ardennaise de 25 ans est partout et partout elle trouble. Car dans une époque où la pop s’acharne à être sage et droite, elle ose le bizarre, la diagonale, la torsion mais sans jamais perdre de vue les évidences de la séduction mélodique ou la clarté des sentiments. C’est d’ailleurs ce qui marque d’emblée à l’écoute de son premier album À Ta Merci. Tour à tour intimiste et puissante, Fishbach surprend puis très vite fascine, portée par des émotions et des thèmes – la nature et ses éléments sont omniprésents dans ses chansons – très personnels.

Le noir lui va si bien

Bien souvent la critique et la presse s’emballent au moindre petit talent. À dégainer au génie le premier pour marquer sa différence et surtout imposer son évidence. Heureusement pour nous Fishbach a passé le cap de la sensation. Et confirme plus encore avec la sortie de son premier album. Avec À Ta Merci, Flora est enfin prête à être sans pitié pour son public. Et c’est tant mieux pour nous. Enfin ce premier album en poche pour en découdre sur les planches et sur les scènes tout 2017, avec en première ligne de mire une Cigale au Printemps qui se promet grandiose. Parce que, j’ai eu l’occasion de voir Fishbach à de multiples reprises déjà et sa dernière prestation durant les Transmusicales de Rennes en décembre était quelque chose d’immense. Quelque chose qu’il ne faudra pas louper en 2017. En passant, je remercie encore Greenroom pour m’avoir permis de vivre ce moment de grâce où tout le monde a été unanime à son égard. Flora était pourtant attendu au tournant. Avec quelques titres seulement, débarquer dans cette grande création des Trans du haut de ces 25 ans, il y avait de quoi faire dégringoler sur les frêles épaules de cette jeune artiste au physique androgyne une logique pression, à peine perceptible… Fishbach a joué de sa superbe, passant du statut de révélation à celui de confirmation de l’année !

Je ne sais pas ce qui est le bon et le mauvais goût, avoue-t-elle.

J’aime être à la limite, sur le fil

Si Fishbach a parfois des allures de Catherine Ringer, on peut lui trouver plus volontiers une filiation avec le romantisme mélancolique et mélodique de Françoise Hardy. L’une ou l’autre n’était pas forcément ces références. Balavoine l’a passionne bien plus, comme elle me l’a confié au comptoir autour d’un café. De toute évidence, Fishbach s’inscrit de plain-pied dans une tendance lourde de la chanson française d’aujourd’hui : le revival des années 80. Ses compositions aux sonorités « eighties » tirent leur influence dans la cold wave, le post-punk et la pop mélodique. Néanmoins, au delà de la danse, des rythmiques et parfois de la fête, c’est au texte qu’il faut prêter attention. Une plume romantique et mélancolique à la Christophe. Fascinante à bien des égards, troublante et sombre à la limite du mauvais goût, comme pour mieux provoquer en nous une émotion qui est la sienne. Mais de tous ces grands noms de la chanson, Fishbach n’y prête pas forcément attention. Flora aime être à la limite, sur le fil. Sans jamais faire les choses comme les autres, et surtout jamais à moitié.

À Ta Merci de Fishbach est sorti le 27 janvier chez Entreprise et A+LSO, s’achète sur iTunes et s’écoute à la suite sur Spotify et Deezer.

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